BULLETIN ANNUEL 2025 (N°45)

BULLETIN ANNUEL 2025 (N°45) 1024 803 Sylvie Brunner

BULLETIN ANNUEL 2025 (N°45)

BULLETIN ANNUEL 2025 (N°45)

L’Éditorial du Père Emmanuel

Chers amis,

Chers bienfaiteurs,

Chers partenaires d’Afrique Future,

En cette fin d’année, je rends grâce au Seigneur pour le chemin parcouru avec vous. Le bulletin annuel témoigne, de manière simple et fidèle, des actions menées par Afrique Future au Cameroun, en Europe et au Canada, dans l’attention aux plus vulnérables et à la dignité humaine.

Depuis ses origines, Afrique Future s’enracine dans une conviction évangélique profonde : la solidarité est œuvre de foi et le développement authentique naît de l’amour concrétisé. Chaque projet porté, chaque geste posé, sont réponses humbles à l’appel du Christ :

« J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25, 36).

L’année 2025 a été pour moi une année de grâce particulière. En août dernier, j’ai célébré à Eséka mon quarantième anniversaire de sacerdoce. Ce jubilé, vécu dans la prière, l’action de grâce et la fraternité, fut un moment fort de reconnaissance pour la fidélité de Dieu et pour l’amitié sans frontières qui unit la famille d’Afrique Future.

Au niveau des projets, nous avons lancé celui de l’autonomisation de la femme rurale et de la jeune fille dans la région d’Eséka. Il porte un accent particulier sur les droits de la femme et il prévoit des financements intéressants de microprojets économiques. Ce programme, cofinancé par le gouvernement canadien, est un signe d’espérance pour des femmes et des jeunes filles appelées à se faire actrices de leur propre avenir.

Enfin, nous avons engagé les travaux d’extension de l’hôpital Afrique Future Deo Gratias de Douala PK10, par la construction d’un pavillon mère et enfant. Ce projet vise des soins mieux adaptés et un accueil meilleur aux femmes enceintes et aux jeunes mères, dans le respect de la vie et de la personne humaine.

À vous tous, amis, bienfaiteurs et partenaires, j’exprime ma profonde gratitude. Votre générosité est et permet la véritable charité.

En cette période de Noël et à l’aube de la nouvelle année, je formule pour chacun de vous ces vœux spirituels :

– que la Paix du Christ habite vos cœurs,

– que la Joie de l’Évangile soutienne vos engagements,

– que l’Esprit-Saint éclaire vos décisions,

– que le Seigneur vous comble de sa bénédiction.

Que Dieu accorde à nous tous de demeurer fidèles dans l’Espérance et dans la communion fraternelle !

Emmanuel-Marie Mbock Mbock

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Le mot de la Présidente

Madame, Monsieur,

Chers amis Membres et Bienfaiteurs,

« C’EST NOËL avant l’heure » clame la publicité pressant aux achats immédiats, et résonnent les paroles que je préfère, « C’EST NOËL SUR LA TERRE » chaque fois que recule la misère, C’EST NOËL CHAQUE JOUR CAR NOËL, Ô MON FRÈRE, C’EST L’AMOUR !

Très Joyeux Noël à chacune, à chacun d’entre vous !

Que votre générosité emplisse votre cœur de la joie que nul ne saurait vous prendre parce que, déjà, elle se sera multipliée jusqu’au-delà des mers !

Le Père Emmanuel a fêté, en août dernier, le quarantième anniversaire de son ordination. Quelques « Blancs » se sont rendus au Cameroun, ils ont « touché » des yeux et des oreilles le bien que procure « Afrique Future ». Des témoignages en tous domaines, émouvants, nombreux, se sont succédés. Nos larmes furent… de Joie !

Nous avons édité une brochure récapitulant les réalisations d’ « Afrique Future » et celles du Père Emmanuel en sa qualité de prêtre. Nous vous la recommandons en « souvenir » mais aussi en partages de « rêves devenus réalités ».

Merci de tout cœur à vous, chers Membres, chers Bienfaiteurs, pour votre générosité clé de voûte de l’accomplissement de chaque projet. Nous osons compter sur votre fidélité, sur la sensibilisation de votre entourage à la misère qui nous préoccupe et au sérieux de notre gestion financière.

Au nom du Conseil d’Administration, je vous réitère notre gratitude en vous souhaitant un passage confiant en l’année nouvelle.

Bernadette Escher

                                                          

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De la tristesse à la joie

Tel est le titre que nous donnons à cet article qui décrit la vie d’une veuve.

Alors que nous sommes à l’aube d’une nouvelle année qui annonce certainement une vie meilleure par rapport à la précédente, une veuve débute l’an 2025 dans le désarroi. La maison qui jusqu’ici faisait sa fierté est ravagée par les flammes en plein jour le 11 janvier, alors qu’elle est aux obsèques de l’une de ses parentes dans la région du Sud Cameroun. Elle a tout perdu malgré son voisinage devenu pompier de campagne pour la circonstance. Il n’a pas pu éteindre les flammes en furie. Voilà toute une vie qui sombre, il faut agir.

Le 18 janvier, à la messe dominicale, j’annonçais à l’ensemble de la communauté le sinistre et l’ouverture d’une caisse de soutien pour la circonstance.

Malheureusement, la réaction a été très froide et la quête très maigre.

Dieu merci, Afrique Future par le biais de la Directrice Générale a écouté d’une oreille attentive le cri de Mme veuve Jeannette TJANG que je portais.

L’Abbé Emmanuel a accordé une aide financière de 3 000.000 (trois millions) de FCFA, somme qui nous a permis de construire une maison de 8,80 m de long et 7,55 m de large. Avec cette somme, nous sommes partis des fouilles à la toiture en passant par la fondation et les poteaux. Le 2 novembre Mme veuve rendait gloire à Dieu pour ses merveilles dans sa vie. Elle n’en revenait pas d’être couverte par une toiture en tôle bac. Dieu n’oublie, oui elle en a fait l’expérience.

Abbé Leger Damien Bikoi Gouatte,

Curé de la Paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Bondjock,

Diocèse d’Eséka          

                                                                 

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Ma gratitude

envers Monseigneur Emmanuel Marie Mbock Mbock.

Je m’appelle : KILEM NGAN YAMB Edith, je suis originaire du centre, dans le département du NYONG et KELLE, arrondissement de BOT-MAKAK, célibataire et mère d’un garçon de 10 ans.

Mes parents n’ayant pas eu les moyens financiers de payer mes études, je n’allais plus à l’école, alors que j’étais en classe de 3ème.

J’ai fait une demande d’emploi comme technicienne de surface à l’Hôpital Déo Gratias d’Emana.

J’avais profité de cette opportunité pour exprimer ma doléance à Monseigneur Emmanuel « retourner à l’école » étant technicienne de surface, Monseigneur Emmanuel a accepté de financer mes études de la classe de 3ème jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat scientifique.

Par la suite, j’ai présenté le concours des Aides-soignants généralistes, étape que j’ai bravée à nouveau avec brio.

Une fois de plus, Monseigneur Emmanuel a fait preuve de largesses à mon égard en prenant en charge tous les frais liés à ma formation d’aide-soignante généraliste, mes besoins du quotidien et ceux de mon fils sans oublier sa scolarité pendant toute une année.

Aujourd’hui je suis aide-soignante généraliste en service au Centre Hospitalier Mère et Enfant Afrique Future Déo Gratias d’Oliga.

Ma grand-mère un jour me disait « Quand Dieu élève quelqu’un, c’est pour qu’il le serve mieux ».

Ma vie a changé du tout au tout, Monseigneur Emmanuel m’a sortie du silence d’une souffrance cachée. Je suis désormais une femme fière et comblée, mieux établie socialement et je peux prendre soin de mon petit garçon.

Je compte moi aussi investir tout mon savoir et mon énergie pour servir notre maison commune Afrique Future.

Je m’engage moi aussi à être à mon niveau le jardinier qui regarde et prend soin des autres.

Je viens par ce moyen exprimer ma gratitude avec les larmes de joie à Monseigneur Emmanuel, à Mme Anne-Blandine et à tous les membres de l’Organisation Humanitaire Afrique Future pour l’aide qu’ils apportent aux personnes vulnérables.

Édith Kilem Ngan Yamb

Aide-soignante généraliste,

Centre Hospitalier Mère et Enfant Afrique Future Déo Gratias d’Oliga

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40e ANNIVERSAIRE D’ORDINATION DE MGR EMMANUEL-MARIE MBOCK MBOCK

Le 11 août 1985, le Père Emmanuel-Ma-rie MBOCK MBOCK a été ordonné prêtre à Yaoundé par S.S. le pape Jean-Paul II. A Eséka, diocèse dont il est le vicaire général, une messe superbement animée a marqué son quarantième anniversaire de prêtrise, en présence de son évêque Mgr Eyabi, d’ami évêque et de nombreux prêtres diocésains, d’une dizaine d’amis venus de l’étranger dont 5 Allemands, l Canadien, 2 Françaises.

Des temps émouvants ont ponctué l’office. Beaucoup de témoignages et de reconnaissances pour des aides diverses obtenues du Père Emmanuel, dont le discours fut profondément authentique quelquefois pathétique, des chants superbes et des danses, le temps est resté figé durant trois heures.

Le personnel des différentes structures d’A.F. a fêté également l’événement de façons créatives et joyeuses, un match de foot a confronté le personnel administratif d’Eséka à des prêtres – le résultat « match nul » fut satisfaisant !

Nous avons imaginé qu’il serait intéressant de faire le point des réalisations opérées par le Père Emmanuel en éditant un recueil qui présente, associées, celles relevant d’A.F. et celles relevant de la vie pastorale du Père. Un second recueil récapitule les messages que des personnes ont souhaité exprimer par écrit.

Nous nous permettons de vous les recommander.

Vous trouverez les moyens de vous les procurer un peu plus bas sur cette page.

                                                                      

                                                                 

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Des ponts ou des murs ? 

Mieux vaut construire des ponts que dresser des murs, relier les peuples et non les séparer.

C’était, et c’est toujours, l’un des objectifs premiers d’AFRIQUE FUTURE. Nombre de villages reculés du Cameroun, jadis isolés, ne le sont plus. Sans pont, pas d’accès à l’école, au travail, au marché, à l’hôpital, et bien sûr, à l’église. Sans pont, on rebrousse chemin dans la brousse, on se retrouve hors-piste, à la case départ, bref, au pied du mur. Inacceptable pour le Père Emmanuel ! Pour franchir les murs au lieu de s’y heurter, il faut jeter des ponts. Voilà ce qu’il s’est dit, il y a bientôt quarante ans.

Cela étant, ponts et murs sont-ils vraiment contraires ?

Tous deux utilisent les mêmes matériaux : bois, pierre, fer, béton. Tous deux se veulent solides et sûrs. De tout temps, les murs ont protégé villes ou châteaux. Mais pour quitter l’enceinte refuge, ou y pénétrer, il fallait un pont, un pont-levis en l’occurrence.

Au figuré, on se sent bien dans ses murs. Pourtant, pour s’évader on fait le mur, voire le pont le temps d’un weekend, histoire d’apprécier un moment de liberté.

Au nom de cette liberté chérie, il est nécessaire et juste d’abattre certains murs ; pour la préserver, il est tout aussi nécessaire d’en bâtir, ce qui ne signifie nullement couper les ponts. Et quand il s’agit de bâtir, le Père Emmanuel est… sur le pont.

Note

Je ne suis jamais allé au Cameroun, mais j’ai visité plusieurs pays voisins où j’ai pu découvrir l’Afrique avec sa brousse, ses pluies, ses pistes impossibles, ses villages accueillants, sa population grouillante et chaleureuse. Mais à travers AFRIQUE FUTURE, j’ai découvert l’âme des gens et ce, grâce aux traductions anglaises que j’ai faites pour le site de l’association. La traduction automatique est souvent valable pour les textes à caractère documentaire, mais se révèle insuffisante sinon vaine ou fausse pour les témoignages vécus par les habitants, tels qu’ils sont publiés dans les bulletins d’AF. C’est là que le traducteur humain joue un rôle majeur en recherchant le mot juste pour exprimer un sentiment, une émotion, tout en respectant le style du locuteur et sans trahir sa pensée. Il entre un peu dans la peau du personnage, ce que la machine ne peut faire. En toute modestie et honnêteté, c’est ce qui m’a permis une approche plus profonde du quotidien camerounais, même si celle-ci reste virtuelle et ne peut se substituer à une expérience vécue. Pour une première, le récit qu’en fait Marie-Noëlle est un bel exemple. Décembre 2025

Lucien Blech

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afrique future au coeur des familles

Projet d’extension du pavillon Mère et Enfant de l’hôpital Deo Gratias à DOUALA Pk10.

L’hôpital Deo Gratias de DOUALA PK10 est un établissement sanitaire de la Fondation Humanitaire Afrique future dans la région littorale du Cameroun. Il est un pilier dans le district de santé de la cité des Palmiers à Douala par la qualité de son plateau technique, par la qualité des prestations offertes au public et surtout par le dynamisme de ses équipes. Depuis son ouverture, le 1er juillet 2014, les années ont été pour les patients comme pour le personnel des années pleines, qui ont permis de confirmer notre capacité à accroître le degré de soins et de satisfaction de nos populations. Nous nous limitons à évoquer ici la partie constatée dans notre travail à l’échelle collective, une autre partie moins visible étant un quotidien plus intime que traduisent les courriers et les témoignages de remerciements que nous recevons et continuons de recevoir de toutes parts. Ces derniers rendent hommage à la bienveillance, à la gentillesse, à la force de l’engagement, à l’excellence des professionnels de santé. Pendant 11 années, notre hôpital a su faire son bonhomme de chemin et poser ses marques dans le système de santé camerounais. Nous souhaitons souligner que de 7 000 patients reçus en 2014, nous avons franchi le cap des 19 526 patients en 2024 ; Cette belle croissance implique l’augmentation des besoins en santé maternelle et infantile qui constituent 80 % de notre fréquentation générale. Dans un contexte où les patientes de plus en plus nombreuses manquent souvent d’espace, d’accompagnement et d’un suivi adapté, ce projet répond à plusieurs enjeux essentiels :

1.- Offrir plus d’espace et de confort aux patientes : Les salles actuelles sont fortement sollicitées. L’agrandissement permettra d’accueillir davantage de femmes enceintes, de mamans et de nouveau-nés dans les meilleures conditions.

2.- Assurer un accompagnement psychologique de qualité et des enseignements sanitaires relatifs à une bonne santé et à une gestion équilibrée de la natalité.

3.- Améliorer la qualité des soins prénatals et néonatals ainsi que l’accompagnement psychologique des futures mamans.

4.- Renforcer l’accès aux soins spécialisés en élargissant nos capacités d’interventions pour mieux protéger la vie

5.- Répondre à notre mission, notre vision : offrir un environnement plus moderne, plus sécurisant et plus accessible avec prises en charge optimales à toutes nos patientes et à leurs enfants.

La construction du pavillon mère et enfant de l’hôpital Deo Gratias de Douala Pk 10 n’est pas seulement un chantier, une simple infrastructure. Il s’agit d’un engagement humain porté par une équipe profondément déterminée à servir, d’une promesse d’espoir, de pas vers un système de santé de pointe plus proche des réalités des populations du Cameroun et d’ailleurs.

A ce jour le projet a franchi quelques étapes importantes :

Les études techniques et architecturales sont réalisées.

Les fondations et les travaux préparatoires sont lancés, les premières phases de constructions sont en cours. Chaque pierre posée, chaque mur élevé, chaque réunion de coordination sont sources réitérées de motivations.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à tous ceux et à toutes celles qui nous soutiennent, nous accompagnent, nous encouragent, croient en nous et participent, fût-ce de loin, à faire progresser les conditions de prises en charges dans chacun de nos hôpitaux. « Ensemble construisons un avenir meilleur pour les mères et les enfants » !

Nous avançons avec conviction car nous savons que ce projet transformera des vies.

Aline kombé Alamou, Directrice déléguée                                  

                                                                 

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Au college catholique deo gratias d’emana, « innover pour exceller »

Ne dit-on pas que : « “Qui cherche la perfection obtient l’excellence » ? Le Collège Catholique DEO GRATIAS d’Emana ambitionne de se hisser au sommet de l’excellence scolaire au Cameroun. Pour y parvenir il faut nécessairement innover dans les pratiques quotidiennes d’enseignement et d’apprentissage. L’année scolaire 2025-2026 a démarré sur les chapeaux de roues le 08 septembre 2025 avec l’effectivité des cours dans toutes les salles de classe. Elèves, enseignants et personnels administratifs ont répondu tous présents dès 7 h.

Pour asseoir la nouvelle vision, une assemblée générale des personnels s’est tenue le vendredi 12 septembre 2025 à l’effet d’établir un bilan rétrospectif de l’année scolaire précédente et de jeter des bases solides d’un fonctionnement harmonieux pour la nouvelle année scolaire 2025-2026.

Il ressort du bilan de l’année scolaire précédente que, malgré le très bon cadre de travail et d’apprentissage du Collège, les résultats scolaires n’ont pas atteint les pourcentages escomptés à barre haute. Ils furent cependant de 100 % au BEPC, de 82,76% au Probatoire et de 75,89 % au Baccalauréat et ces performances aux examens officiels ont eu un impact sur nos effectifs. De 548 élèves en 2024-2025, nous sommes passés à 600 élèves à la rentrée de 2025-2026. Il est capital de poursuivre et d’asseoir l’élan d’où le slogan « Innover pour Exceller ».

L’année scolaire 2025-2026 au collège Catholique DEO GRATIAS d’Emana est pleine d’innovations pour, au-delà des résultats scolaires, parfaire le profil de sortie de nos apprenants de manière à les rendre plus compétitifs. Un certain nombre d’actions ont été pensées et compilées dans le projet d’établissement mis au point. Lesdites innovations portent sur tous les aspects de la vie de notre établissement dont les grandes lignes sont les suivantes :

Sur le plan administratif :

  • La création de nouveaux postes de travail : le Conseiller Stratégique, le Préfet des études adjoint, le Surveillant général adjoint, le responsable de l’orientation scolaire, le chargé de l’étude matinale
  • la mise à disposition de tous les textes réglementaires
  • l’élaboration de documents de pilotage
  • la prise en main du collège sur tous les aspects

Sur le plan pédagogique :

  • La vérification de la qualité des cours
  • L’intensification des inspections
  • La tenue des réunions d’évaluations à la fin de chaque séquence didactique (avec les apprenants, les enseignants et les parents)
  • le suivi des élèves en difficultés
  • la remise à niveau et les travaux dirigés préparatoires aux examens officiels pour les apprenants;

 Sur le plan disciplinaire :

  • la validation, la vulgarisation et l’application du règlement intérieur
  • la mise à disposition du livret de liaison de l’élève permettant une communication permanente entre le parent et l’administration
  • les causeries éducatives avec les élèves et les parents

Sur le plan socio-environnemental :

  • la vulgarisation de la nouvelle police sanitaire
  • le fonctionnement harmonieux de nos clubs par un encadrement de proximité
  • l’orientation-conseil adéquate à travers un conseiller d’orientation scolaire et professionnelle

Sur le plan infrastructurel et d’équipement :

  • l’achat de nouveaux kits de digitalisation qui favorisent un meilleur apprentissage
  • la division des salles de classes pour un mieux suivi des apprenants
  • l’équipement de la bibliothèque en livres du programme et divers documents
  • l’équipement de la salle informatique et des laboratoires des sciences et des langues

Il faut apprécier d’ores et déjà l’impact des innovations suscitées sur les performances scolaires après la première évaluation : un taux de réussite global de 74,16 % supérieur à celui de l’année dernière qui était de 68,44 %.

Il va sans dire que quelques difficultés ne sauraient manquer telles que :

  • Le non-paiement ou le paiement en retard des frais de scolarité et des frais d’examens
  • Les effectifs pléthoriques dans certaines classes (4ème et TA)
  • Le désordre collectif observé dans les classes de TA et 1ère D

 Certaines solutions à ces difficultés ont été esquissées :

  • Les séances de travail avec les parents pour les problèmes de scolarité
  • La convocation de deux conseils de discipline des élèves de TA en présence de leurs parents, et aussi l’implication de l’aumônier du complexe scolaire pour un apport spirituel puisqu’il n’est pas exclu qu’un esprit maléfique planerait dans cette classe (le contexte africain s’y prête).

Nous projetons d’ouvrir la section anglophone et aussi la série sciences humaines (SH) et sollicitons par la même occasion la construction de nouvelles salles de classes.

Nous sommes persuadés qu’avec la sollicitude de la hiérarchie, l’accompagnement des parents, la détermination des apprenants et l’engagement des enseignants, nous parviendrons à hisser le Collège Catholique DEO GRATIAS d’Emana sur les cimes de l’excellence.

Moïse BOUMAL,

Conseiller Stratégique au Collège DEO GRATIAS d’Emana

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A DIEU NGONO AKOUDOU

Le Complexe Scolaire Deo Gratias Emana pleure son élève.

NGONO AKOUDOU Rachel Sylvie née le 04 juin 2016 est décédée le 10 Octobre 2025 des suites de noyade sur le chemin de retour des classes. Après une grosse pluie qui est tombée pendant des heures, la rivière « AKO » non loin du Complexe Scolaire a été inondée et le petit pont de fortune a cédé ; la pauvre petite Rachel a été emportée par les eaux en essayant de passer de l’autre côté de la rivière pour rejoindre le domicile familial et sous le regard de ses camarades qui criaient impuissamment à l’aide.

La triste nouvelle se répand dans tout le complexe scolaire. Les enseignants encore présents se rendent à l’Hôpital Catholique Deo Gratias qui a accueilli le corps sans vie de la petite Rachel, puis convergent au domicile des parents de la défunte. Le corps sera ensuite conduit à la morgue du CFTA (centre de formation des techniciens des armées).

Depuis ce jour, chants et prières se sont élevés dans les salles de classe en mémoire de NGONO AKOUDOU Rachel.

La communauté éducative du complexe scolaire s’est mobilisée pour le bon déroulement des obsèques et l’accompagnement de la petite Rachel jusqu’à sa dernière demeure.

Les visites de réconfort sont effectuées par les enseignants de manière régulière et par le Père Fondateur Monseigneur Emmanuel Marie MBOCK MBOCK qui a lui-même célébré la messe d’au revoir.

Toutes les structures Afrique Future de Yaoundé se sont levées comme un seul homme pour soutenir le Complexe Scolaire à l’organisation et à l’accompagnement de la petite Rachel.

Nous pleurons NGONO AKOUDOU Rachel Sylvie.

Le vendredi 31 Octobre 2025 après la levée de corps et en présence du personnel enseignant, le complexe scolaire a accueilli la dépouille de Rachel en la paroisse Notre Dame de Meyrouba. Une équipe d’enseignants se rendra samedi 1er Novembre 2025 au village  NTUISSONG  par Oveng (dans la région du centre, département de Mefo Akono, arrondissement de Mbankomo) où seront gardés les restes de Rachel.

Ce décès aura-t-il ouvert les yeux aux autorités administratives ? Nous pensons que NON. C’est un autre décès de plus d’une pauvre innocente par négligence, par insouciance.

Nous ne cesserons jamais de dire merci à madame la Directrice Générale Anne Blandine NGO TIGYO pour son encadrement et son soutien procurés au bon déroulement des obsèques de notre élève, à Monseigneur Emmanuel Marie MBOCK MBOCK pour tout son soutien et sa disponibilité, à toute la communauté éducative de Deo Gratias Emana pour sa mobilisation.

A DIEU NGONO AKOUDOU Rachel Sylvie, tu resteras gravée dans nos cœurs

« Celui qui a donné a repris à lui seul soit la Gloire »

BILLONG Marthe Josiane,

Directrice Déléguée des Ecoles Maternelle et Primaire Deo Gratias d’Emana

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RÉSUMÉ D’UN CAS CLINIQUE À LA MATERNITÉ DE L’HÔPITAL DEO GRATIAS DOUALA PK10

 

Au courant de cette année nous avons reçu d’innombrables cas en états critiques maternels ou materno-fœtaux. Cependant un cas aura marqué nos esprits et nous souhaitons le partager avec vous.

En pleine matinée du mois de février, nous admettons aux urgences Mme X âgée de 31 ans, G3P2001 (avec un antécédent de décès périnatal pour accouchement difficile), sans antécédents médicaux et chirurgicaux particuliers. Elle nous arrive dans un taxi, soutenue par sa sœur, le visage crispé par la douleur. Ses yeux cherchant de l’aide, son souffle était court. Sans fiche de référence, en provenance d’un centre de santé pour meilleure prise en charge chez nous.

La sage-femme accourt, l’installe sur le brancard et d’une voix ferme mais rassurante dit : « Respirez, madame, nous sommes là pour vous. »

Le carnet révèle qu’il s’agissait d’une parturiente mal suivie (seulement 2 consultations prénatales effectuées durant toute sa grossesse), avec une histoire antérieure d’accouchement de macrosome et de diabète gestationnel non identifié dans le bilan prénatal.

L’examen diagnostic retrouve une dame en phase expulsive d’accouchement avec la tête du bébé cyanosée à la vulve. Nous avons tout de suite conclu à un tableau de dystocie des épaules (il s’agit d’un accouchement qui s’est compliqué par la rétention des épaules du fœtus au niveau du bassin maternel, la tête étant extériorisée), le fœtus était bien évidement décédé à son l’arrivée.

En quelques secondes, la salle s’est animée. Une perfusion est posée. L’alerte a été donnée et toute l’équipe de la maternité s’est mise en place ainsi que celle du bloc opératoire. Le temps semblait suspendu, la sœur de la parturiente la regardait les larmes aux yeux.

Les équipes, elles, bougeaient avec une précision millimétrée : chacun savait exactement ce qu’il devait faire. Les cœurs battaient à tout rompre, pas seulement celui du parent du malade, mais celui de toute l’équipe qui savait que chaque minute compte.

Le médecin prit la parole, d’un ton empathique traduisant celui qui maîtrise la situation et dit : « Nous allons vous aider à traverser cela. Vous n’êtes pas seule. »

Au bloc opératoire sous sédation, nous avons procédé à l’expulsion totale du fœtus grâce à des manœuvres complexes mais bien maîtrisées par nos équipes. La parturiente s’en était sortie avec quelques déchirures vulvaires qui ont été suturées.

Quelques heures plus tard, la patiente se reposait enfin, épuisée mais hors de danger. Le drame avait laissé des cicatrices visibles et invisibles, mais l’équipe avait réussi à préserver l’essentiel : sa vie.

Autour d’elle, le silence était lourd, mais aussi porteur d’une force nouvelle. Elle avait survécu. Et dans ce combat, elle avait découvert la puissance de la solidarité, de la chaleur humaine qui, même dans la nuit la plus sombre, peut rallumer une étincelle d’espoir.

Sa famille, enfin réunie, nous regardait les yeux remplis d’un mélange d’émerveillement et de tristesse. Tristesse du fait de cette perte tragique d’un bébé de 5 200 g qui n’a pas pu voir la lumière du soleil.

Cette histoire rappelle l’importance de la qualité du suivi des femmes enceintes dans notre aire de santé ainsi que celle de la qualité de la référence pour meilleure prise en charge. Pour remédier à cela nous avons mis un accent sur les causeries éducatives faites pendant les réunions mensuelles des aires de santé afin d’édifier les centres de santé de niveau inférieur, à savoir identifier les dangers et référer à temps vers les niveaux supérieurs tels que le nôtre.

L’aire de santé est une subdivision d’un district sanitaire d’une zone géographique définie qui regroupe une population spécifique. L’hôpital Deo Gratias PK10 appartient à l’aire de santé du génie Madiba constitué de 8 centres de santé en charge d’une population cible.

La répartition de 2025 indique que notre hôpital doit couvrir 20 900 habitants.

Dr Famo, gynécologue et médecin-chef de l’hôpital Deo Gratias Pk10

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INNOVATIONS ET PERFORMANCES DES ÉQUIPES DES LABORATOIRES AFRIQUE FUTURE YAOUNDE

Lieu : Salle de Conférence de l’Hôpital Deo Gratias Emana, Yaoundé

Le 15 novembre 2025 s’est tenue la première session de formation du personnel des laboratoires des Hôpitaux Afrique Future de Yaoundé, marquant une étape décisive dans leur démarche d’amélioration continue.

L’objectif principal de cette rencontre était d’initier un processus d’harmonisation et de standardisation des pratiques d’analyses sérologiques, en conformité avec les exigences de la norme internationale ISO 15189. Cet événement a réuni un panel varié de participants, incluant des techniciens de laboratoires, des médecins biologistes, un enseignant d’université, une responsable qualité et des partenaires fournisseurs, tous mobilisés autour d’un objectif commun : l’excellence au service du patient.

La démarche d’harmonisation engagée par les laboratoires Afrique Future répond à un constat critique. Avant cette initiative, il était observé que les résultats de certains bilans pouvaient présenter des écarts significatifs d’un laboratoire à l’autre. Cette variabilité était principalement attribuable à deux facteurs : l’hétérogénéité des équipements utilisés et l’absence d’un cadre normatif commun, tant au niveau national qu’international.

Dans un contexte scientifique où la précision et la reproductibilité des résultats sont primordiales, cette situation présentait un risque pour la fiabilité des diagnostics. De plus, la science médicale moderne exige l’implémentation de systèmes de management de la qualité robustes. Ces systèmes sont essentiels pour assurer une surveillance rigoureuse des processus, permettre une amélioration continue afin de garantir une satisfaction optimale des clients, qu’il s’agisse des médecins prescripteurs, des patients ou de la direction.

La session a été ouverte par l’initiatrice, Mme MATCHOU épse BIHENG Kelly (Major du laboratoire et Responsable Qualité du Centre Hospitalier Mère et Enfant Afrique Future Deo-Gratias d’Oliga), qui a rappelé que la fiabilité des résultats de laboratoire est un déterminant majeur dans la qualité de la prise en charge clinique. Elle a souligné que l’adhésion aux exigences de la norme ISO 15189 est indispensable pour garantir cette qualité, renforcer la comparabilité des résultats entre les laboratoires et répondre aux attentes de toutes les parties prenantes.

Les présentations techniques, assurées par Mme NGOATEU Anastasie et Mme NGO NLEND Carole, ont permis de dresser un état des lieux exhaustif des méthodes, équipements et réactifs utilisés dans les deux laboratoires. Un accent particulier a été mis sur la distinction entre les techniques qualitatives, semi-quantitatives et quantitatives, ainsi que sur la rigueur nécessaire à chaque étape du processus analytique (pré-analytique, analytique et post-analytique).

L’enseignant invité, le PHDc (Candidat au Doctorat) Piameu Michael a présenté à la suite, une synthèse scientifique sur les standards internationaux applicables (ISO 15189, ISO 9001, ISO 13485, ISO 22870, ISO 35001) et nationaux (Le Guide de Bonne Exécution des Analyses, Le Guide de Biosécurité) en insistant sur les critères de choix des dispositifs médicaux, la maîtrise des procédures techniques avant toute analyse, la mise en œuvre d’une politique qualité institutionnelle, la nécessité d’un responsable qualité dédié et l’impératif d’une culture organisationnelle de sécurité, de rigueur et de non-compromission.

Les échanges qui ont suivi ont mis en évidence la volonté des participants de consolider les acquis techniques, de renforcer la formation continue, d’assurer une harmonisation des pratiques et d’améliorer la gestion des ressources, notamment en ce qui concerne l’utilisation du LIMS (Logiciel de Gestion de laboratoire).

Les fournisseurs BEDIA et ANBIO ont présenté d’une part leurs gammes d’équipements et de réactifs, offrant des perspectives concrètes pour l’amélioration de la capacité diagnostique. Et d’autre part une expertise dédiée au contrôle de conformité des kits avant distribution. Il convient de souligner que leur implication ne fut pas seulement technique ; leur apport financier a été déterminant, couvrant une part substantielle du budget total de l’événement.

À l’issue de la session, plusieurs résolutions majeures ont été adoptées. Ces décisions constitueront un jalon structurant dans la mise en place d’un système qualité harmonisé et fonctionnel. La session s’est clôturée sur une évaluation post-formation marquant la satisfaction générale des participants et réaffirmant l’engagement collectif à implémenter, sans délai, les connaissances et pratiques acquises.

En définitive, cette rencontre marque un tournant décisif pour les Laboratoires Afrique Future. Elle jette les bases d’une harmonisation durable, renforce la culture de qualité et amorce la transformation organisationnelle nécessaire pour aligner notre Biologie Médicale locale sur les standards internationaux. À travers cette dynamique, les Laboratoires Afrique Future affirment leur ambition de devenir une référence nationale en matière de qualité, de fiabilité diagnostique et de conformité normative. Cette dynamique d’amélioration des compétences a d’ailleurs été couronnée de succès, le laboratoire Déo Gratias-Emana a été le meilleur au programme national de certification des sites et prestataires du VIH par le Laboratoire de Santé Publique du Cameroun.

Mme MATCHOU épse BIHENG Kelly

Major du laboratoire et Responsable Qualité du Centre Hospitalier Mère et Enfant Afrique Future Déo – Gratias d’Oliga

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SEUL AU MONDE

La misère de mon peuple est digne de pitié. Malheureusement, nous ne pouvons ni tout comprendre, ni tout contrôler mais nous avons l’obligation de faire de notre mieux.

Robert, âgé de 59 ans a été admis à l’hôpital Deo Gratias d’Emana le 06 décembre 2025 à 10h50 dans un état d’impotence fonctionnelle, caractérisé par une toux grasse, une asthénie, un trouble de la mémoire, des palpitations, des brûlures mictionnelles et une déshydratation sévère, avec une plaie nécrosante du membre inférieur gauche.

Son visage était tuméfié et ses membres inférieurs présentaient des œdèmes. Son aspect physique négligé disait une détresse sociale. Le compagnon de misère qui l’avait amené s’était éclipsé en douce sous le fallacieux prétexte d’aller chercher de l’argent.

Nous nous trouvions avec un patient abandonné, sans famille, sans amis, sans assistance sociale.

Malgré son état critique qui nécessitait un transfert pour une meilleure prise en charge, l’hôpital l’a pris sous son aile. Une batterie d’examens a été faite et le diagnostic affichait une insuffisance cardiaque globale décompensée associée à une gangrène bulleuse des membres inférieurs.

Les services sociaux supposés prendre en main ce genre de cas se sont défilés sous prétexte que le patient n’avait pas de garde-malade et la police, quant à elle, n’a cessé de nous « renvoyer aux calendes grecques » malgré nos multiples appels.

Tout effort de retrouver sa famille à travers son annuaire téléphonique avait été vain. Un seul parent avait daigné nous écouter et avait par la suite choisi d’ignorer nos appels.

Malgré ses problèmes médicaux assez complexes pour qu’on le prenne en charge :

      •  des soins médicaux disponibles à notre niveau lui ont été administrés ;
      • des soins corporels ont également été faits par le personnel soignant. Draps et vêtements reçus des amis occidentaux ont servi pour dresser son lit et lui donner meilleure apparence ;
      • les repas et les boissons lui ont été offerts.

Le 09 décembre 2025 à 17h, Robert s’en est allé discrètement vers des cieux plus hospitaliers.

Un dicton affirme que « la police ne vient qu’après le crime ». Elle s’est ainsi dépêchée de se présenter à l’annonce du décès en insistant « sans filtre » pour que son carburant soit payé (22 euros).

La suite de la procédure consistait à envoyer le corps à la brigade de recherche. Là encore, un vrai film digne de la série Nollywood. Il nous revenait de transporter le corps. La brigade de recherche nous envoyait ce message « Si vous n’avez pas de véhicule pour transporter le corps, vous allez le manger ». Avions-nous le choix ?

Même après avoir déposé le corps qui aura probablement rejoint la fosse commune, nous n’étions pas au bout de nos peines, il fallait payer les frais de procédures (14 euros).

Depuis combien de temps cet homme souffrait-il dans sa chair et dans son âme ? Nous ne le saurons jamais. Nous n’avons ni la voix ni le pouvoir de changer les choses mais le personnel soignant de l’hôpital Deo Gratias Emana l’aura accompagné dignement vers la maison de son Créateur. A ce jour, personne n’a pris des nouvelles ni réclamé son corps. Pourtant, la famille en Afrique est importante et plutôt large. Même si on ne t’assiste pas pendant la maladie, lors du décès, on ne manque pas de revendiquer le corps pour faire le deuil et, par ricochet, la fête.

Faire évoluer les mentalités en Afrique est-il possible ? On penserait que ce sera quand la poule aura des dents et que, en compagnie de Diogène le cynique, nous continuons à chercher l’homme avec notre lampe.

Que non ! Le bon fonctionnement des structures d’Afrique Future, l’existence de ses écoles notamment, prouvent, bien heureusement, le contraire !

Anne Blandine NGO TIGYO,

Directrice Déléguée de l’hôpital Deo Gratias d’Emana

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Me rendre au cameroun

Me rendre au Cameroun ? Jamais le bon moment disent mes contraintes professionnelles. Pourtant, le jour de la décision tombe. J’y vais !

L’avion décolle et commence l’aventure dès l’aéroport de Paris. De son tourbillon quotidien, le Père Emmanuel nous informe, Bernadette et moi-même, que nous interviendrions lors de la fête du travail, le 1er mai alors que nous sommes le 29 avril. Préparer un discours dont le thème est « Le dialogue social dans le monde du travail » en quelques heures de vol… c’est de la haute voltige… sans espoir d’autre temps libre. Tel est le rythme d’Afrique Future ! Je me recueille un instant, effrayée par la tâche, et prends conscience de la place essentielle que tient ma foi dans mon engagement au sein d’Afrique Future.

Je prie. J’ai confiance. Un leitmotiv qui sera le carburant de mon aventure ! La première journée est riche en rencontres : accueil chaleureux à l’hôpital d’Oliga, visites des différents services, échanges avec le personnel et les patients qui témoignent leur gratitude. Je retrouverai cette même ambiance dans chacun de nos hôpitaux ainsi que dans nos écoles. Les problèmes inévitables n’empêchent pas l’émulation que, véritablement, j’ai ressentie, une émulation non de façade mais une dynamique qui appelle au bien commun.

S’en suit le départ en brousse à destination de Ngodi-Si, village natal du Père Emmanuel. En route, nous traversons des quartiers de Yaoundé sur des pistes qui classeraient nos chemins de terre en routes haut de gamme !! Une foule disparate de piétons, des voitures-taxis quelquefois délabrées, des motos-taxis surchargées… Des risques à tout moment, nombre d’accidents évités quasi miraculeusement sinon blessures graves ou mortelles.

Enfin, LA piste de BROUSSE… je préfère fermer les yeux (et vous épargner les détails !) mais nous arrivons.

Me bouleversent les rencontres avec la population locale accueillante, souriante, gaie malgré les difficultés évidentes du quotidien. L’émotion est grande de rencontrer les élèves des différentes classes (maternelle, primaire, secondaire). Des enfants vus jusque-là en photos, se tiennent maintenant, réellement, en face de moi. Ils récitent avec application leur message de bienvenue. Ensemble, ils expriment très délicatement leur gratitude et… je leur offre mes larmes de joie !

Retour vers Yaoundé sous une tempête que de lourds nuages annonçaient sans solutions, arrivée sous une pluie torrentielle pour moi cauchemardesque.

Sans tarder, j’envoie à des amis français des photos de mon sacré périple. Une amie me répond : « Eh bien, te voilà vaccinée, tu n’y retourneras pas ! ». Cette expérience m’aura-t-elle vaccinée ?

Certes non ! Expérimenter dans sa chair l’impossible devenu possible parce qu’un homme y croit et que l’enjeu est vital ouvre des perspectives et, suivez mon regard, dans le cas du Père Emmanuel, dilate le cœur. Décider d’aider fait fi des pistes infernales boueuses et défoncées, des pluies torrentielles, des chutes d’arbres.

Apprentie-héroïne, la peur m’a rattrapée à Ngodi-Si. Y passer la nuit serait raisonnable, mais la décision ne m’en revient pas. Nous prenons donc la route, et m’habite la certitude d’échouer dans une « ornière d’enfer ». Même le Père Emmanuel doute un instant : « si ça coince là-bas, on ne bouge plus. Demi-tour ? » dit-il à Eloi, notre chauffeur expérimenté, qui poursuivant obstinément ses efforts, réussit. Plus loin, il tranche à la machette l’arbre qui prétend barrer la route.

Quand « travail » rime avec « engagement », il convient de le fêter ! Foin de la «fête de l’huma»! Le 1er mai affiche une succession d’événements hauts en couleurs : conférence sur le dialogue social dans le monde du travail, messe, discours… enfin, buffet servi par le personnel. Une fête à l’image d’Afrique Future, celle du partage. Je tente quelques pas de danse sur des musiques très cadencées.

Pour entrer dans cette «danse», mieux vaut lâcher nos « raideurs » et nos « retenues »… excellent sport. Très complet, dilatation de cœur assurée ! Les jours suivants sont riches en émotions et suscitent diverses questions. J’apprends combien les sourires peuvent voiler les soucis et me prends une « boule au ventre »… Je n’ignorais pas que le Père Emmanuel mène une vie chargée de responsabilités. Vivre dans ma chair les mille difficultés auxquelles il lui revient de faire face dans des conditions physiquement éprouvantes, me permets d’appréhender mon engagement sous un nouveau jour et de redoubler mon désir d’agir !

Ce voyage est resté en empreinte au fond de moi et chaque jour je pense à ce que j’ai vécu, ce que j’ai fait, ce que j’ai pu donner et, aussi, recevoir. Un choc émotionnel fort qui me met un p’tit coup dans le derrière lorsque le courage me fait défaut.

En conclusion, je veux vous dire aujourd’hui qu’Afrique Future agit sur des besoins concrets. Je peux vous assurer que les actions d’Afrique Future portent fruits, que les bénéfices à la population en sont visibles et nombreux.

Une goutte dans l’océan de la misère, peut-être, mais j’ai mesuré sur le terrain l’efficacité de nos actions. J’ai été bluffée par l’engagement des salariés habités par le feu sacré dans la pratique de leur fonction. J’ai découvert entre autres que les salariés de nos hôpitaux s’organisent en solidarité avec les plus pauvres.

Emplie de visages et de noms, la Terre se fait habitable pourvu que l’Amour l’ensoleille !

Marie-Noëlle MEYER-WEISS

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LE RÉVEIL DE LA FEMME RURALE EN PAYS BASSA

« Projet d’Autonomisation des Femmes et des Jeunes Filles en Milieu Rural »

Territoire stratégique du fait de sa position géographique, passerelle entre la capitale politique (Yaoundé) et la capitale économique (Douala), le Département du Nyong-et-Kellé (NEK) révèle toute la beauté et la diversité du Cameroun en version miniaturisée. Il bat en plein cœur de la Région du Centre, et regorge de tous les avantages liés à sa situation agroécologique. A mi-chemin entre le littoral et la zone forestière, il constitue une terre de prédilection pour l’activité agropastorale.

Mais le meilleur du Nyong-et-Kellé vient certainement de sa population, une population jusqu’ici engourdie dans la précarité et la fragilité de son quotidien, qui se bat contre vents et marées pour redorer le blason d’un peuple (le peuple Bassa) jadis connu comme valeureux. Comme si la pauvreté ambiante qui sévit dans la localité avait frappé d’un sceau indélébile les consciences et, avec elles, anesthésié toutes actions en faveur du développement.

Le département qui regorge en son sein du plus grand fleuve camerounais, la Sanaga, au potentiel hydroélectrique estimé à près de 10 000 Mégawatt/h et alimentant pas moins de 3 barrages hydroélectriques, peine encore à trouver la formule pour barrer la route à l’obscurité. La quasi-absence d’énergie électrique et les délestages plombent les ailes du développement. Les près de 2 273 kilomètres de linéaires bitumés dans les 6 372 km2 de superficie prennent à contre-pied la réalité de l’enclavement que connaît ce département.

Que dire des infrastructures sociales de base ? Les formations hospitalières ne le sont que de noms, le plateau technique et le profil du personnel en place en dit long sur les services offerts. La rareté des points d’approvisionnement en eau potable est une entorse à la santé des populations. Ici, la couverture du réseau est intermittente, au point de laisser place aux anciennes méthodes de communication qui consistaient à envoyer un messager sinon à rédiger sur une plaque en bordure de route des indications aux destinataires « Ici, pour Afrique Culture, de la part de Mama Joséphine » . La qualité approximative de l’orthographe est tout aussi révélatrice du taux faible d’alphabétisation de la zone.

Dans ce tableau peu reluisant, se dresse étonnamment fière et stoïque par-delà toutes les turbulences d’une contrée en plein oubli, au milieu des tumultes du passé qui ont consacré le Nyong-et-Kellé et la localité d’Eseka en particulier comme fiefs de l’opposition au pouvoir éternellement acquis par une minorité, au milieu d’autres projets qui ont rencontré le plomb d’aile dès leurs premiers balbutiements, la femme rurale sait démontrer, aujourd’hui, avec l’arrivée du Programme d’Autonomisation de la Femme et de la Jeune Fille en Milieu Rural au Cameroun (PAFFC) toute sa résilience et tout son savoir-faire.

Contre toutes attentes, elle a su répondre favorablement à l’appel du développement émis par le PAFFC lancé par Afrique Future. Elle a su mettre de côté ses velléités égoïstes pour laisser place à l’esprit de solidarité et d’entraide promus par l’initiative des SOFRAAF (Solidarité Féminine Rurale Agissante Afrique Future). Ces petites unités de Femmes constituées sont des cellules du développement local et aujourd’hui actrices de la mise en œuvre des activités agropastorales depuis l’avènement du PAFFC (Projet Autonomisation des Femmes et des Jeunes Filles en Milieu Rural).

Elles ont reçu dès la première année dans le cadre du projet un peu plus de 100 000 semences en Agriculture (bananes-plantains – Manioc – Pistaches…), 8 100 poussins en aviculture, 18 000 alevins en Pisciculture et du matériel de production aussi divers, varié que moderne.

Plus de 53 associations de Femmes rurales bénéficiaires à travers 26 groupements du Nyong-et-Kellé ont vu boostées leurs petites activités génératrices de revenus. Des chiffres évocateurs de l’ampleur du projet, mais surtout de l’engagement des femmes, de la Femme rurale qui a su transformer les premières productions après commercialisation, en un chiffre d’affaires avoisinant les 13 Millions de Francs CFA à date. C’est toute la cité qui s’est vue métamorphosée ; les fermes qui jadis étaient plongées dans le noir sont désormais dans la lumière et il est possible d’assurer un suivi de nuit grâce à la fourniture de lampadaires solaires.

Le poulet qui manquait cruellement dans les villages de Bondjock, de Bomabom en passant par Eseka et Mom-Dibang surabonde désormais au point non seulement de couvrir les besoins de la localité, mais d’alimenter les marchés régionaux.

On peut affirmer sans faire de la surenchère que le PAFFC (Projet Autonomisation des Femmes et des Jeunes Filles en Milieu Rural) a renforcé la sécurité alimentaire dans le département du NEK. S’agissant du pouvoir d’achat des femmes certaines l’ont d’ores et déjà vu doubler avec la réalisation du projet.

Mais les vrais bénéfices du projet pour la femme rurale du NEK sont à rechercher dans les « casseroles ». Plusieurs femmes engagées dans le PAFFC (Projet Autonomisation des Femmes et des Jeunes Filles en Milieu Rural) affirment manger mieux en famille. Feuilles de Manioc, Manioc, Pistaches, Macabo autant de produits qui gonflent le panier de la ménagère désormais à des coûts démocratiques.

La Femme rurale, en quelques mois s’est affirmée comme le levier de développement qui manquait pour l’essor d’une contrée délaissée, son cri de cœur s’est matérialisé en actes et les fruits sont désormais perceptibles.

Nul doute que dorénavant, dans le Nyong-et-Kellé le développement se conjuguera au féminin, avec la femme rurale en pole position pour apporter les solutions aux problèmes actuels de sa localité. Au regard de cette transformation fulgurante provoquée par la femme rurale du NEK, on pourrait judicieusement emprunter une assertion qui dirait « Quand la Femme rurale du Nyong-et-Kellé se lèvera, c’est tout le Cameroun qui tremblera ».

Emmanuel MOMHA MBOCK, Ingénieur-Environnementaliste Directeur des Opérations Terrain

PAFFC (Projet Autonomisation des Femmes Et des Jeunes Filles en Milieu Rural)

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AFRIQUE FUTURE EN OCCIDENT

 

AFRIQUE FUTURE ALLEMAGNE

Lors de la Fête de l’Epiphanie, la coutume charmante et féconde des « Rois Mages » a conduit de maison en maison 70 jeunes à Kork (sous l’impulsion de Theresia Lochow) et 36 jeunes à Nürnberg (sous l’impulsion de Heike Traub). Divisés en groupes de trois accompagnés par un adulte, ils chantent la Nativité et les habitants les accueillent en leur remettant un don. Les fonds collectés sont versés à K.M.W., un organisme qui soutient la scolarité dans le tiers monde donc aussi notre complexe scolaire de Ngodi-Si. Pour bénéficier de cette aide, nous établissons les relevés annuels précis de l’attribution des fonds.

En Sarre, Elisabeth Himbert a organisé dans l’école où elle enseigne, en faveur d’Afrique Future, une journée « portes ouvertes » et deux repas solidaires.

A Kork le dimanche « Afrique Future » du 14 décembre a fêté dans la joie l’anniversaire d’ordination du Père Emmanuel et a réuni de nombreux paroissiens autour d’un repas sympathique.

 

 

  

 

AFRIQUE FUTURE CANADA

Le 10 mai s’est tenu le «repas bénéfice» annuel, occasions de rencontres, d’échanges et d’informations sur les activités au Cameroun, outre le moyen de collecter des fonds. La soirée fut sympathique et intéressante, le Père Emmanuel y est toujours présent, témoin de l’évolution de l’œuvre dans son pays et lien physique par-dessus les mers.

Des responsables administratifs connus lors de leurs fonctions d’ambassadeur ou de directeur de services à la Coopération gouvernementale ont rejoint A.F.. Ils travaillent à l’aboutissement de projets cofinancés par leur pays tels que celui en cours (Autonomisation de la Femme et de la Jeune Fille en Milieu Rural).

 

AFRIQUE FUTURE France

Monsieur Heinis nous a offert, cette année encore, un emplacement à la foire de Waldighoffen. Daniel et Michel ont assuré fidèlement l’installation du stand que nous avons tenu successivement du 28 février au 3 mars par la vente de café, d’objets africains, d’arachides. La conjoncture rend de plus en plus difficile une sensibilisation à la misère en Afrique mais notre présence permet quelques recettes bienvenues.

Le 9 mars, le quatuor « Les Trombinacoolos » nous a offert un concert superbe en l’église Ste-Geneviève qui nous accueille généreusement. Le 26 octobre, les « Celtic Ried’s Pipers » nous ont offert un concert magnifique en la basilique du Sacré-Cœur de Lutterbach.

 

 

 

 

Le 16 novembre, a eu lieu la journée « A.F. » à Pfastatt. La chorale africaine « Kekeli Gospel » a animé la messe pour la grande joie des officiants, le Père Benjamin Kafala originaire de Centrafrique invité particulièrement pour marquer le 40ème anniversaire d’ordination du Père Emmanuel Mbock Mbock. Les paroissiens ont vivement applaudi des rythmes inhabituels et joyeux qui rappelaient, à ceux qui les avaient découvertes, les messes dynamiques au cœur de la brousse camerounaise. La délicieuse choucroute de la Maison Eckert a réjoui ensuite les papilles d’une assistance venue nombreuse à notre grande satisfaction. Le conseil d’administration a offert une chasuble au Père Emmanuel pour son 40e anniversaire d’ordination.

 

Le 30 novembre, le premier dimanche de l’Avent en est devenu l’aimable « coutume », nos amis « A.F. » de Hégenheim ont fêté l’association au cours d’une messe que la Chorale des Jeunes a animée superbement avec rythmes africains en alternance avec la chorale paroissiale de grande qualité.

 

 

 

 

Anita, membre du Rotary Club de Schopfheim et présidente de l’année, a fait bénéficier A.F. de plusieurs manifestations qui ont abouti généreusement. Elle a organisé entre autres une soirée musicale qu’ont assurée le THG-Schulorchester et le Kammerchor du Helmholtz-Gymnasium Karlsruhe.

Enfin, nous avons réitéré les actions « champagne » et « petits gâteaux » en novembre et décembre.

Nous avons réitéré en novembre la campagne de vente de champagne toujours attractive.

   
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